Attention !
Ceci est une histoire vraie !
Si si ! J'le jure !
Comme toutes les autres d'ailleurs.
Non... vraiment... c'est vrai.
C'est arrivé le samedi 1er juillet 2006.
Donc, disais-je, ce samedi, pendant que ma chère et tendre admirait sa fille faire l'andouille sur scène à la fête de l'école, je filai lâchement à Castomara faire quelques emplettes afin de satisfaire aux besoins hygiéniques de notre piscine.
J'avais aussi dans l'idée de mettre un peu de sable sur le devant de manière à relooker les lieux façon plage, mais sans Paris.
Un petite pensée affectueuse à l'endroit de Boniface, l'un des meilleurs clients de Castomara, me traversa l'esprit, sans laisser de séquelles, quand j'arrivai dans l'espace "construction" avec mon chariot dondaine.
J'avais beau tourner, retourner, re-retourner dans tous les rayons...
du sable, y'en avait que nenni oualou !
Je me mis donc dans la file d'attente, devant l'îlot des vendeurs, dans l'espoir d'obtenir une réponse claire à la question qui me hantait :
"Mais où c'est donc que vous avez foutu ce pùta$n d'sable ???"
Devant moi, un monsieur d'un certain âge faisait aussi la queue.
Soudain, pour passer le temps, je me mis à penser à cette expression pour le moins étrange : "Faire la queue".
Non mais dites moi... quand plusieurs personnes "font la queue", à la fin, y a-t-il autant de queues que de personnes qui l'ont faite ?
Une chacun ?
Ou tout le monde se partage la même ?
C'est dégueulasse !!!
Le temps de ces belles pensées, la queue avançait.
Tiens... encore... une queue qui avance...
Oui mais jusqu'où ? Dans quoi ?
Bon... laisse tomber...
Le fait est que le monsieur de devant, qui jusque là paraissait patient avec son papier dans les mains, se mit à s'énerver à l'approche de son tour.
Plus on avançait, plus le monsieur trépignait.
Arrivé devant le vendeur, le monsieur tendit son papier fièrement et lui lança :
"Monsieur, vous vendez les parpaing 75 centimes pièce et là ils le vendent 64. Il faut me rembourser la différence !"
Le vendeur, d'un calme olympien, pris le papier du monsieur et, pendant un moment qui me paru interminable, observa la chose avec l'expression béate d'un homme qui venait de rencontrer Alice Sapritch.
- Monsieur... je vous aurai remboursé la différence avec plaisir si vous aviez acheté vos parpaings chez nous...
- Mais vous vous les vendez 75 centimes ! 11 de plus que là ! J'en ai acheté 100 alors vous me devez 11 euros !
- Monsieur... _où_ avez vous acheté vos parpaings ?
- Ben là... chez Point G ! C'est marqué sur la facture !
- Monsieur... je ne peux pas vous rembourser quelque chose que vous n'avez pas acheté chez nous !
- Alors ça veut dire quoi quand vous dites que si on trouve moins cher ailleurs vous remboursez la différence ??? Hein ???
- Mais c'est si vous achetez chez nous et qu'ailleurs ils sont moins cher ! Et si vous étiez venu nous voir en nous disant qu'à Point G ils vendaient leurs parpaings à ce prix là, on se serait aligné !
- Vous devez me rembourser la différence ou je porte plainte contre Castomara !!!
Le sketch dura bien cinq bonnes minutes au terme desquelles le plaignant fut contraint de se retirer sans avoir obtenu satisfaction, maugréant contre Castomara et les traitant de voleurs.
Il jura à haute voix qu'il "leur ferait de la pub" à ces escrocs.
Quand arriva mon tour, le vendeur était encore sous le choc.
- Bonjour monsieur... pourriez vous me dire où se trouve le sable s'il vous plaît ?
- Le sable ?
- Oui... le truc pour faire des pâtés qui se mangent pas.
- Heu... dehors... à main gauche... derrière les parpaings.
- Merci... est-ce qu'il est moins cher que chez Point G ?
Je ne suis pas sûr, mais je crois bien que le vendeur a failli tourner de l'oeil, là...
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